Azzo,
Je supervise un enchantement qui durera plusieurs jours à la forge, alors cette lettre dictée devra suffire, à la place d'une conversation privée. Après avoir reçu ma brève liste en prévision du sommet, vous m'avez demandé si je prévoyais d'inviter également des Mursaats. Permettez-moi de clarifier mes intentions.
Ceux de l'opposition considéreraient mon omission comme une insulte sans équivoque, un tort bas et clivant lors d'une époque notable, alors que de grandes bêtes à écailles et leur acabit émergent des profondeurs de la Tyrie pour menacer la stabilité de notre peuple et des autres. Depuis toujours, j'ai promu la prudence et la retenue en ce qui concerne les Mursaats. Je ne manque pas d'empathie ; leur ancre vers Nayos s'est brisée, les abandonnant sur un monde étrange et rude. Vous vous souviendrez sûrement que j'ai autorisé plusieurs de leurs érudits les plus brillants à venir étudier aux conservatoires de Stellis Quor, sous la houlette de nos meilleurs artisans et pratiquants arcaniques.
Lors de la même ère, ils ont bâti Apavim, avec quelques assistance et conseil de notre part, et ont été autorisés à envoyer des émissaires à nos symposiums les plus publiques afin de participer aux débats. Pour faire bref, ils ont fait de grandes avancées lors de leur bref séjour ici. Cependant, ils persistent à formuler des demandes, alors même que ces anciens dragons éveillent de nouvelles inquiétudes pour chacun. Il reste aux Mursaats de participer, de rembourser nos investissements. Aujourd'hui, ils harcèlent les Oubliés en quête de faveurs, tandis que nous retirons légèrement la main que nous leur tendions. Je trouve cela révélateur, ou du moins, rebutant de leur part.
C'est pourquoi, non. Pour l'instant, les Mursaats ne seront pas invités à l'un de nos avant-postes les plus sacrés. Peut-être qu'un jour, mon opinion évoluera. En dépit des remarques d'Isgarren, je ne suis pas immuable.
– Doyen Sidony