Guild Wars 2 Base de données

*Un unique extrait du livre reste lisible.* **ALERTE : ce texte a été radié de la liste par le comité de l'archi-intendant, pour des raisons de propos séditieux. Sa distribution n'est pas autorisée. Il est recommandé de détruire immédiatement les exemplaires existants.** **Les personnes trouvées en possession de littérature interdite feront l'objet de sanctions comprenant, sans s'y limiter : amendes, détention, exil, exécution et travaux d'intérêt général.** ... Le silence régnait, réalisa Junon. Cela aurait dû l'alerter. *Espèce d'imbécile*, se dit-il, dépliant ses ailes par réflexe. *Tu t'es mis dans une sacrée galère, cette fois.* Le piège aruspice, gravé dans la pierre sous lui, s'était déclenché avant qu'il ne puisse en détecter la présence. Le piège était subtil. Pragmatique. Presque mursaat de nature. Les tentacules bleus de magie ne cédèrent pas, le plaquant au mur froid de l'antichambre de rituel. Du contrôle des ombres ? Non ; ç'aurait été trop imprudent, tant que le réseau des miroirs était en marche. Il ne pouvait plus se fier aux Ailes masquées, non plus. Il lui fallait désormais recourir à l'improvisation... Et mettre sa vie en jeu. Pour l'instant, il afficha une indifférence sereine. Il porta son attention sur son ravisseur aruspice. Viaro le Tragédien observait Junon avec une satisfaction froide, deux de ses quatre bras repliés derrière son dos. Les deux autres bras manipulaient la dague de pierre de l'ombre, comme s'il se moquait de Junon, d'avoir cru que la relique serait laissée si négligemment sans surveillance. Son vieil ami Viaro. Qui d'autre cela aurait-il pu être ? Aussi létal que n'importe quel assassin aruspice. Deux fois plus orgueilleux. "Tu perds le coup de main", fit doucement remarquer Viaro. La commissure de sa bouche trahissait sa joie. Junon garda lui aussi sa voix douce. "Tout comme toi", dit-il. Il imita Viaro et sourit, bien que cela fût caché sous son masque. "Un maléfice d'invisibilité ? Un des nôtres, il me semble. Je croyais que les subterfuges étaient anathèmes, pour ton peuple." "C'est l'échec, qui est anathème", cracha Viaro. Son visage s'était approché, tout en lignes et angles. "Mes fhogos feront tout ce qu'il faut pour préserver ce monde face à votre ignoble chaos." "Et toi ?" souffla Junon. Les doigts de Viaro se posèrent sur les facettes du masque de Junon. À chaque fermoir défait, l'esprit de Junon s'égarait davantage. Depuis combien de siècles se connaissaient-ils ? Combien Junon avait-il tué de membres du peuple de Viaro ? Combien de membres du peuple de Junon étaient-ils tombés sous les mains de Viaro ? En fin de compte, il ne restait plus qu'eux, deux constantes dans un calcul mortel de la guerre entre leurs peuples. Quand les mains de Viaro se retirèrent, le masque de Junon fit de même. Pour la première fois, ils se connurent pleinement. Les yeux dans les yeux. "Te voilà", murmura le Tragédien. Pendant un instant, ils restèrent immobiles en silence. Le temps d'une éternité fugace. *Le bas de la page est déchiré. La nature désordonnée de la déchirure suggère qu'il s'agissait d'un geste passionnel.*