Guild Wars 2 Base de données

Les prairies verdoyantes de la Vallée de Cardecœur s'étendaient à perte de vue, leurs fleurs gorgées de rosée luisant au soleil. En son giron, une abeille ouvrière nommée Dard-d'Anel menait une vie productive mais solitaire. Dard-d'Anel avait la réputation de produire le plus doux des miels de la prairie. Un jour pourtant, elle se retrouva en proie à une morosité telle que les champs bariolés autour d'elle lui paraissaient dénués de couleur. Pire encore, son miel commença à perdre sa fameuse douceur. C'est alors qu'elle la vit... Une Kodan radieuse à la fourrure couleur chêne, qui chantonnait doucement à mi-voix en se promenant dans la prairie. Elle s'appelait Première pousse. Jardinière et horticultrice dévouée, Première pousse revenait chaque jour au champ pour s'occuper des fleurs. Ses eaux généreuses et son toucher délicat satisfaisaient même les plants les plus timides, qui semblaient déployer leurs pétales à sa simple vue. "Comment faire pour qu'elle me remarque ?" se lamentait Dard-d'Anel en l'admirant cachée sur une branche d'arbre voisine. "Je ne suis pas une fleur. Je n'ai pas de jolis pétales ni de doux effluves. Et pire encore, si je m'approche trop, je risque de paniquer et de la piquer !" Dard-d'Anel quitta alors sa cachette et retourna travailler à tire-d'aile. Quelle mouche l'avait piquée ? Plusieurs jours et plusieurs nuits durant, Dard-d'Anel s'affaira à polliniser toutes les fleurs à portée de vue. "Si je ne peux pas attirer son attention par la beauté, je le ferai par la douceur !" Quand elle s'estima en possession du meilleur miel qu'elle avait jamais produit, elle mobilisa tout son courage afin d'adresser pour la première fois la parole à Première pousse. "P-Pardon, madame. Je vois que vous aimez les fleurs de ce champ. De fait, elles sont sublimes. Mais avez-vous goûté au célèbre miel de cette prairie ? Il est réputé à travers le monde. Et j'y entends quelque chose !" "Ma parole ! J'avais entendu parler de ce miel légendaire, oui-da ! Chère abeille, si vous aviez l'obligeance de m'en offrir, je serais comblée !" Sur ces mots, elle goûta le doux nectar en se pourléchant les babines avec ravissement. "Des miels, j'en ai goûté, de nos contrées comme de lointains rivages. Mais jamais je n'ai savouré nectar plus divin que celui-ci, chère abeille." Elles demeurèrent ensemble jusqu'à tard dans la nuit, à parler, rire et goûter la douceur de leur compagnie. Quand les oiseaux et les abeilles de la prairie prirent leurs quartiers nocturnes, une Kodan bienheureuse se retrouva piquée par le dard de l'amour...