Je sais que tu ne liras pas ceci, que tu ne le pourras pas, mais une nouvelle amie m'a suggéré de coucher sur le papier mes sentiments et de les envoyer dans la mer. Il est peu probable que cela t'atteigne, j'en suis consciente, mais le faible réconfort à l'idée que ces mots trouvent ta dépouille apaise mon cœur lourd.
Cela fait 259 jours que nous avons fait notre voyage fatidique. Depuis la tempête. 259 longs jours d'agonie depuis que l'océan t'a prise. Aujourd'hui, je ne peux plus que souhaiter remonter dans le temps, pour t'arracher à la mer tumultueuse.
Ta voix résonne dans ma tête, me disant que ce n'est pas ma faute. Mais je n'arrive pas à m'en défaire l'idée. Il y a forcément quelque chose d'autre que j'aurais pu faire. Et même si la maison me manque, ça ne me manque pas autant que toi. Même si on me donnait l'occasion de rentrer chez moi, je préfèrerais rester près de toi. Partir ne ferait que rouvrir ma peine.
Je te pleurerai à jamais,
Lyla