J'ai regagné le pavillon pour rejoindre le reste du groupe, qui m'attendait patiemment à l'intérieur. Brumaille languissante s'est crispée à mon entrée, bien consciente que j'avais sur moi un secret qui pourrait compliquer sa situation encore davantage. Mais Malice en est aussitôt venue au fait : après nos derniers combats, les Titans vacillaient. C'était l'occasion ou jamais d'attaquer. Mais avant d'avoir pu élaborer notre stratégie plus avant, Fléchette nous a interpellés. Aulne stoïque s'est dirigé vers la porte, laissant à peine le temps à Brumaille languissante de réfléchir à ce qu'elle allait dire.
Il ne nous appartient pas de nous interposer entre une Griffe kodan et son fils, alors Brumaille languissante m'a fait signe de le laisser entrer. Cette conversation était inéluctable. Il l'a dévisagée aussitôt, manifestement déconcerté ; à ses yeux, à cet instant, Aurore estompée était en vie. Par bonheur, Brumaille languissante a opté pour la franchise et lui a avoué son identité. Sans surprise, la nouvelle a bouleversé Aulne, encore plus que Fléchette. Le jeune homme a pris sur lui de justifier les choix de Brumaille. Il a cherché à convaincre son père qu'Aurore était toujours parmi eux et que Brumaille languissante ne représentait pas une menace, mais la Griffe accusait le coup. On l'avait trahi, et la vie de son fils ne tenait qu'à un fil... Sans oublier qu'il nous restait des Titans à éliminer.
Mais l'heure n'était pas aux atermoiements. Aulne, bien qu'encore accablé, y a entrevu l'occasion de remédier à notre détresse mutuelle. Il a proposé d'accompagner son fils au combat, pourvu que Fléchette et les siens soient à l'abri du danger. Mais sa discussion avec Brumaille languissante n'était que partie remise. Cela aussi est inéluctable.
J'ai échangé quelques mots avec Brumaille et les autres avant de ressortir ; sa culpabilité lui pesait lourdement sur les épaules. Elle n'ignorait pas qu'il était temps de parler à Aulne... et à Isgarren. L'heure des faux-semblants était révolue. Mais avant, il restait des Titans à terrasser.
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